CE1D Sciences : ce que les résultats des dernières années révèlent vraiment
48,8 % de réussite en 2022. 82,5 % en 2023. 68,8 % en 2024. En sciences, les résultats du CE1D font le yo-yo. On pourrait croire que l'épreuve change radicalement d'une année à l'autre. La réalité est plus intéressante : derrière ces chiffres se cachent des causes précises, des faiblesses récurrentes chez les élèves, et surtout des solutions concrètes. C'est ce qu'on va décortiquer ici.
📊 Neuf ans de résultats en sciences — la vue d'ensemble
Voici les taux de réussite officiels de l'épreuve de sciences du CE1D, année par année[1][2][3][4][5] :
Deux choses sautent aux yeux. D'abord, les résultats oscillent en permanence : aucune année ne ressemble à la précédente. Ensuite, même les « bonnes » années (2016, 2023), un quart des élèves échouent quand même. Et les mauvaises années, c'est la moitié.
Notons que l'épreuve de 2020 a été annulée à cause du COVID. Celle de 2021 a eu lieu, mais avec une épreuve initialement prévue pour 2020 et dont le niveau avait été adapté au contexte sanitaire[2]. Le taux exact en sciences pour 2021 n'a pas été publié de manière isolée.
🔬 Pourquoi 2022 a été une catastrophe — et ce que ça nous apprend
Le 48,8 % de 2022 n'est pas un accident. Les élèves qui ont passé le CE1D cette année-là avaient 10 ou 11 ans quand les écoles ont fermé en mars 2020. Ils étaient en 6e primaire. Leur CEB a été annulé. Ils sont passés en secondaire sans évaluation externe, et souvent avec des pans entiers du programme d'éveil scientifique vus à distance ou pas du tout[2].
En sciences, cet impact a été plus lourd que dans les autres matières. Pourquoi ? Parce que les cours de sciences au primaire reposent sur des activités pratiques : observer une germination, manipuler des aimants, comparer des matériaux, construire un circuit simple. Pendant les confinements, ces activités ont été les premières supprimées. On ne dissèque pas un cœur de porc sur Zoom.
Or, c'est précisément par la manipulation que les enfants de cet âge construisent ce qu'on appelle la démarche scientifique : observer, formuler une hypothèse, tester, conclure. Sans ce vécu concret, les notions restent abstraites. Le directeur général du SeGEC (enseignement catholique) l'a d'ailleurs résumé : en sciences et en maths, la transition primaire-secondaire impose un « saut conceptuel » que beaucoup d'élèves n'avaient pas fait[2].
Résultat : au CE1D de 2022, ces élèves savaient souvent réciter une définition, mais peinaient à interpréter un schéma, à expliquer un phénomène dans leurs propres mots, ou à appliquer une notion à une situation nouvelle — exactement ce que le CE1D évalue.
La génération qui passe le CE1D en 2026 n'a pas vécu les mêmes disruptions. Mais elle hérite parfois de chapitres survolés en fin de primaire. Ces lacunes silencieuses ne se manifestent qu'au moment de l'examen.
📈 55,5 % de score moyen : la marge est plus mince qu'on ne croit
En 2024, le score moyen en sciences était de 55,5 %[4]. Ce chiffre a l'air correct — on est au-dessus de 50 %, donc « ça passe ». Sauf que non.
Prenons une épreuve notée sur 50 points. 55,5 % = environ 28 points. Le seuil de réussite (50 %) = 25 points. La différence entre réussir et échouer, c'est 3 points. Soit deux ou trois questions.
Ça veut dire qu'un seul chapitre mal maîtrisé, un schéma mal lu, ou une consigne mal interprétée suffit à faire basculer du mauvais côté. La plupart des élèves qui échouent au CE1D de sciences ne sont pas « nuls en sciences ». Ils ont perdu quelques points bêtement — sur des erreurs qu'ils auraient pu éviter.
C'est une bonne nouvelle : ça veut dire que les solutions sont à portée de main.
🧪 Où les élèves perdent-ils vraiment des points ?
Les guides de correction publiés chaque année par la FWB détaillent, question par question, les réponses attendues et les critères de cotation. Par ailleurs, le SeGEC (enseignement catholique, qui scolarise environ la moitié des élèves en Belgique francophone) a mené en 2020-2021 un travail d'analyse des épreuves avec des enseignants de terrain. Leurs constats convergent sur trois points[8].
Les questions « de compétences » vs les questions « de savoirs »
Les savoir-faire 9, 10 et 11 — le cœur du problème
Le « saut conceptuel » entre le primaire et le secondaire
⚠️ Ce qui change dès 2027 — et pourquoi ça concerne aussi les élèves de 2026
Pour les élèves qui passent le CE1D en juin 2026, le seuil reste à 50 %. Mais les bonnes habitudes prises cette année serviront directement à ceux qui repassent en 2027, et aux petits frères et petites sœurs en 1re année.
Avec un score moyen actuel de 55,5 % en sciences, la marge est déjà mince à 50 %. À 60 %, elle disparaît complètement. L'élève moyen de 2024 n'aurait pas réussi. Ce durcissement reflète une volonté politique de rehausser l'exigence[7], mais pour les élèves, le message pratique est clair : les chapitres survolés et les révisions de dernière minute ne suffiront plus.
🎯 La vraie leçon de ces chiffres
En croisant neuf ans de données et les analyses des acteurs de terrain, un constat se confirme : ce qui fait la différence au CE1D Sciences, ce n'est pas l'intelligence de l'élève. C'est le degré de préparation — et surtout le type de préparation.
Les chiffres montrent que les questions de compétences — celles qui demandent de transférer, interpréter et rédiger — sont le point de bascule[8]. Les élèves qui réussissent régulièrement, y compris les années difficiles, sont ceux qui se sont entraînés à ce type de question avant le jour J.
S'exercer sur les épreuves des années précédentes est le geste le plus efficace. Pas pour « deviner » les questions, mais pour s'habituer au format : la façon dont les consignes sont formulées, le type de documents présentés, le niveau de précision attendu dans les réponses. Un élève qui a déjà fait deux CE1D en blanc ne perd plus de points sur la forme — il peut se concentrer sur le fond.
Maîtriser le vocabulaire scientifique est le second levier. Les guides de correction montrent que les réponses doivent utiliser les termes précis du programme[3][4]. « Producteur » et non « plante ». « Évaporation » et non « l'eau qui part ». Revoir les fiches de synthèse en se concentrant sur les définitions est souvent le geste le plus rentable en termes de points gagnés.
Se tester plutôt que relire. Relire son cours donne une illusion de maîtrise. Se poser une question et essayer d'y répondre de mémoire révèle les vrais trous. C'est plus inconfortable, mais c'est ce qui fonctionne. Les exercices classés par chapitre sont conçus dans cette logique : se confronter aux questions avant de regarder les réponses.
👨👩👧 Ce que les parents peuvent en tirer
Si votre enfant est en 2e secondaire, voici le message principal de cet article : la différence entre réussite et échec au CE1D Sciences se joue sur 3 points. Ce n'est pas un examen qui départage les « bons » des « mauvais ». C'est un examen qui départage ceux qui se sont préparés de ceux qui ne l'ont pas fait.
Un enfant qui obtient 45 % n'est pas à des années-lumière de la réussite. Il lui manque probablement un chapitre, un peu de vocabulaire, et l'habitude du format. C'est rattrapable en quelques semaines de travail régulier.
À l'inverse, un enfant qui « s'en sort » en classe toute l'année peut échouer s'il découvre le format le jour J. L'épreuve externe ne pose pas les questions comme les interrogations en classe. La familiarisation — en faisant au moins un CE1D complet en blanc — est un investissement minime pour un bénéfice énorme.
Et si vous sentez que votre enfant décroche ou a besoin d'un cadre structuré, des formules d'accompagnement existent pour les semaines qui précèdent l'examen.
Sources
-
RTBF Actus — « Épreuves de CE1D et CESS : des résultats en demi-teinte », 22 septembre 2017 (taux 2016 et 2017).
Lire l'article -
La Libre Belgique — « Moins d'un élève sur deux a réussi le CE1D en sciences et en math », 30 septembre 2022 (taux 2022, contexte COVID, citation SeGEC).
Lire l'article -
Enseignement.be — Note d'information officielle : résultats CE1D / CESS 2019 (taux 2018 et 2019).
Consulter la note (PDF) -
Enseignement.be — Note d'information officielle : résultats CE1D / CESS, septembre 2024 (taux 2024).
Consulter la note (PDF) -
RTBF Actus — « Bons points pour nos élèves : les résultats du CE1D et du CESS se sont globalement améliorés », 30 septembre 2023 (taux 2023).
Lire l'article -
L'Avenir — « CEB, CE1D et CESS, il faudra 60 % pour réussir : quel impact sur les taux d'échec ? », 27 septembre 2025 (projections seuil 60 %).
Lire l'article -
RTBF Actus — « Taux constants, exigences en hausse et maths à la traîne », 14 juillet 2025 (analyse des tendances).
Lire l'article -
SeGEC — Enseignement catholique — « CE1D Sciences : Questions et outils » — Analyse des épreuves, webinaires pour enseignants et identification des savoir-faire problématiques (S-F 9, 10, 11).
Consulter la page
CE1D Sciences : ce que les résultats des dernières années révèlent vraiment
48,8 % de réussite en 2022. 82,5 % en 2023. 68,8 % en 2024. En sciences, les résultats du CE1D font le yo-yo. On pourrait croire que l'épreuve change radicalement d'une année à l'autre. La réalité est plus intéressante : derrière ces chiffres se cachent des causes précises, des faiblesses récurrentes chez les élèves, et surtout des solutions concrètes. C'est ce qu'on va décortiquer ici.
📊 Neuf ans de résultats en sciences — la vue d'ensemble
Voici les taux de réussite officiels de l'épreuve de sciences du CE1D, année par année[1][2][3][4][5] :
Deux choses sautent aux yeux. D'abord, les résultats oscillent en permanence : aucune année ne ressemble à la précédente. Ensuite, même les « bonnes » années (2016, 2023), un quart des élèves échouent quand même. Et les mauvaises années, c'est la moitié.
Notons que l'épreuve de 2020 a été annulée à cause du COVID. Celle de 2021 a eu lieu, mais avec une épreuve initialement prévue pour 2020 et dont le niveau avait été adapté au contexte sanitaire[2]. Le taux exact en sciences pour 2021 n'a pas été publié de manière isolée.
🔬 Pourquoi 2022 a été une catastrophe — et ce que ça nous apprend
Le 48,8 % de 2022 n'est pas un accident. Les élèves qui ont passé le CE1D cette année-là avaient 10 ou 11 ans quand les écoles ont fermé en mars 2020. Ils étaient en 6e primaire. Leur CEB a été annulé. Ils sont passés en secondaire sans évaluation externe, et souvent avec des pans entiers du programme d'éveil scientifique vus à distance ou pas du tout[2].
En sciences, cet impact a été plus lourd que dans les autres matières. Pourquoi ? Parce que les cours de sciences au primaire reposent sur des activités pratiques : observer une germination, manipuler des aimants, comparer des matériaux, construire un circuit simple. Pendant les confinements, ces activités ont été les premières supprimées. On ne dissèque pas un cœur de porc sur Zoom.
Or, c'est précisément par la manipulation que les enfants de cet âge construisent ce qu'on appelle la démarche scientifique : observer, formuler une hypothèse, tester, conclure. Sans ce vécu concret, les notions restent abstraites. Le directeur général du SeGEC (enseignement catholique) l'a d'ailleurs résumé : en sciences et en maths, la transition primaire-secondaire impose un « saut conceptuel » que beaucoup d'élèves n'avaient pas fait[2].
Résultat : au CE1D de 2022, ces élèves savaient souvent réciter une définition, mais peinaient à interpréter un schéma, à expliquer un phénomène dans leurs propres mots, ou à appliquer une notion à une situation nouvelle — exactement ce que le CE1D évalue.
La génération qui passe le CE1D en 2026 n'a pas vécu les mêmes disruptions. Mais elle hérite parfois de chapitres survolés en fin de primaire. Ces lacunes silencieuses ne se manifestent qu'au moment de l'examen.
📈 55,5 % de score moyen : la marge est plus mince qu'on ne croit
En 2024, le score moyen en sciences était de 55,5 %[4]. Ce chiffre a l'air correct — on est au-dessus de 50 %, donc « ça passe ». Sauf que non.
Prenons une épreuve notée sur 50 points. 55,5 % = environ 28 points. Le seuil de réussite (50 %) = 25 points. La différence entre réussir et échouer, c'est 3 points. Soit deux ou trois questions.
Ça veut dire qu'un seul chapitre mal maîtrisé, un schéma mal lu, ou une consigne mal interprétée suffit à faire basculer du mauvais côté. La plupart des élèves qui échouent au CE1D de sciences ne sont pas « nuls en sciences ». Ils ont perdu quelques points bêtement — sur des erreurs qu'ils auraient pu éviter.
C'est une bonne nouvelle : ça veut dire que les solutions sont à portée de main.
🧪 Où les élèves perdent-ils vraiment des points ?
Les guides de correction publiés chaque année par la FWB détaillent, question par question, les réponses attendues et les critères de cotation. Par ailleurs, le SeGEC (enseignement catholique, qui scolarise environ la moitié des élèves en Belgique francophone) a mené en 2020-2021 un travail d'analyse des épreuves avec des enseignants de terrain. Leurs constats convergent sur trois points[8].
Les questions « de compétences » vs les questions « de savoirs »
Les savoir-faire 9, 10 et 11 — le cœur du problème
Le « saut conceptuel » entre le primaire et le secondaire
⚠️ Ce qui change dès 2027 — et pourquoi ça concerne aussi les élèves de 2026
Pour les élèves qui passent le CE1D en juin 2026, le seuil reste à 50 %. Mais les bonnes habitudes prises cette année serviront directement à ceux qui repassent en 2027, et aux petits frères et petites sœurs en 1re année.
Avec un score moyen actuel de 55,5 % en sciences, la marge est déjà mince à 50 %. À 60 %, elle disparaît complètement. L'élève moyen de 2024 n'aurait pas réussi. Ce durcissement reflète une volonté politique de rehausser l'exigence[7], mais pour les élèves, le message pratique est clair : les chapitres survolés et les révisions de dernière minute ne suffiront plus.
🎯 La vraie leçon de ces chiffres
En croisant neuf ans de données et les analyses des acteurs de terrain, un constat se confirme : ce qui fait la différence au CE1D Sciences, ce n'est pas l'intelligence de l'élève. C'est le degré de préparation — et surtout le type de préparation.
Les chiffres montrent que les questions de compétences — celles qui demandent de transférer, interpréter et rédiger — sont le point de bascule[8]. Les élèves qui réussissent régulièrement, y compris les années difficiles, sont ceux qui se sont entraînés à ce type de question avant le jour J.
S'exercer sur les épreuves des années précédentes est le geste le plus efficace. Pas pour « deviner » les questions, mais pour s'habituer au format : la façon dont les consignes sont formulées, le type de documents présentés, le niveau de précision attendu dans les réponses. Un élève qui a déjà fait deux CE1D en blanc ne perd plus de points sur la forme — il peut se concentrer sur le fond.
Maîtriser le vocabulaire scientifique est le second levier. Les guides de correction montrent que les réponses doivent utiliser les termes précis du programme[3][4]. « Producteur » et non « plante ». « Évaporation » et non « l'eau qui part ». Revoir les fiches de synthèse en se concentrant sur les définitions est souvent le geste le plus rentable en termes de points gagnés.
Se tester plutôt que relire. Relire son cours donne une illusion de maîtrise. Se poser une question et essayer d'y répondre de mémoire révèle les vrais trous. C'est plus inconfortable, mais c'est ce qui fonctionne. Les exercices classés par chapitre sont conçus dans cette logique : se confronter aux questions avant de regarder les réponses.
👨👩👧 Ce que les parents peuvent en tirer
Si votre enfant est en 2e secondaire, voici le message principal de cet article : la différence entre réussite et échec au CE1D Sciences se joue sur 3 points. Ce n'est pas un examen qui départage les « bons » des « mauvais ». C'est un examen qui départage ceux qui se sont préparés de ceux qui ne l'ont pas fait.
Un enfant qui obtient 45 % n'est pas à des années-lumière de la réussite. Il lui manque probablement un chapitre, un peu de vocabulaire, et l'habitude du format. C'est rattrapable en quelques semaines de travail régulier.
À l'inverse, un enfant qui « s'en sort » en classe toute l'année peut échouer s'il découvre le format le jour J. L'épreuve externe ne pose pas les questions comme les interrogations en classe. La familiarisation — en faisant au moins un CE1D complet en blanc — est un investissement minime pour un bénéfice énorme.
Et si vous sentez que votre enfant décroche ou a besoin d'un cadre structuré, des formules d'accompagnement existent pour les semaines qui précèdent l'examen.
Sources
-
RTBF Actus — « Épreuves de CE1D et CESS : des résultats en demi-teinte », 22 septembre 2017 (taux 2016 et 2017).
Lire l'article -
La Libre Belgique — « Moins d'un élève sur deux a réussi le CE1D en sciences et en math », 30 septembre 2022 (taux 2022, contexte COVID, citation SeGEC).
Lire l'article -
Enseignement.be — Note d'information officielle : résultats CE1D / CESS 2019 (taux 2018 et 2019).
Consulter la note (PDF) -
Enseignement.be — Note d'information officielle : résultats CE1D / CESS, septembre 2024 (taux 2024).
Consulter la note (PDF) -
RTBF Actus — « Bons points pour nos élèves : les résultats du CE1D et du CESS se sont globalement améliorés », 30 septembre 2023 (taux 2023).
Lire l'article -
L'Avenir — « CEB, CE1D et CESS, il faudra 60 % pour réussir : quel impact sur les taux d'échec ? », 27 septembre 2025 (projections seuil 60 %).
Lire l'article -
RTBF Actus — « Taux constants, exigences en hausse et maths à la traîne », 14 juillet 2025 (analyse des tendances).
Lire l'article -
SeGEC — Enseignement catholique — « CE1D Sciences : Questions et outils » — Analyse des épreuves, webinaires pour enseignants et identification des savoir-faire problématiques (S-F 9, 10, 11).
Consulter la page